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" C'est l'histoire d'une Emma Bovary des seventies, qui a reproduit lors de son divorce le silence de la génération précédente sur les malheurs des deux guerres. C'est l'histoire d'un homme devenu un jouisseur pour se venger d'être quitté, d'un père cynique parce que son coeur était brisé. C'est l'histoire d'un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d'un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère. C'est l'histoire d'un garçon mélancolique parce qu'il a grandi dans un pays suicidé, élevé par des parents déprimés par l'échec de leur mariage. C'est l'histoire d'un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu'il les avait gagnées, et ensuite à perdre son empire colonial en faisant comme si cela ne changeait rien à son importance. C'est l'histoire d'une humanité nouvelle, ou comment des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés. Telle est la vie que j'ai vécue : un roman français. "
Biographie de l'auteur
Né à Neuilly-sur-Seine Frédéric Beigbeder est l'auteur, chez Grasset, de Vacance dans le coma (1994), L'amour dure trois ans (1997), 99 francs (2000), Windows on the world (2003, prix Interallié), L'Egoïste romantique (2005), et Au secours pardon (2007).

Allo maman bobo ou...
Les malheurs d'un pauvre gosse de riches !
Pour la première fois chez Beigbeder, j'ai senti comme un brin de lucidité et de sincérité. Il écrit enfin ce que beaucoup d'entre nous hurlent depuis des années, scandalisés que nous sommes par ce que nous considérons comme une... "arnaque médiatique".
Comment ne pas être d'accord avec lui quand il écrit : "rien ne reste de moi-même", «je suis une forme vide, une vie sans fond, je fouille dans ma vie, comme dans une male vide".
Que n'a-t-il relu ses romans, il y a bien longtemps, tant ils éclatent de cette insupportable lourdeur de l'inutile.
Il ressemble tant à ces premiers de la classe, fils de bonne famille qui essaient par tous les moyens de rentrer dans la bande des "mauvais garçons", mais quoi qu'il fasse il restera cette superbe et insupportable tête à claques, un rien bling bling qui se vautre avec délectation dans la presse people.
On aurait aimé s'apitoyer sur les malheurs de ce pauvre fils de riches, sur ce navré de la vie, sur cet homme qui a tout et n'est rien. Mais cachez le naturel il revient au galop ! et il ne peut s'empêcher de tout gâcher par des remarques prétentieuses d'un creux sidéral comme "j'habite un container d'éternité" juste bonnes pour les lecteurs, du moins ce qu'il en reste, de Télérama ou des Inrocks.
L'épisode de son arrestation (avenue Marceau - standing oblige) est un sommet d'arrogance de grand bourgeois choqué d'être traité comme le plus simple des rebeux du 9-3.
Comment la justice ose-t-elle se comporter de manière aussi "cavalière" avec une célébrité "littéraire" de la nomenclatura Parisienne ?! Impensable, scandaleux !!
Comme Bernadette Soubirou, à Lourdes, il a... la révélation et découvre, le pauvre chéri, qu'une cellule concentre le maximum de douleur dans un minimum de mètres carrés.
Elle ne regarde jamais la télé la vedette ?
Mais pépère, pendant que tu sniffes, te pintes, claques un maximum de fric pour oublier que tu t'emmerdes dans tes draps de soie, la douleur est le quotidien de millions de gens.
Réveille-toi, si tu crois que "ton monde" est "le monde", tu te trompes, "ton monde n'est pas le monde", ce n'est qu'une verrue poudrée sur un océan de malheurs.
N'est pas loup qui veut et quelques soit ses petites provocations d'enfant gâté, il restera le caniche terne sur fond de normalité bourgeoise qu'il cherche à cacher.
Mais ne soyons pas trop dur, espérons qu'il y a un peu de sincérité derrière ce blabla préformaté, tout juste bon pour le regard vide et les yeux facilement ébahis de ces petits bourgeois, gogos d'en bas, lecteurs de Voici et Closer, fascinés par l'argent facile, le pouvoir et les paillettes.
Quel gâchis que cet homme comblé qui aurait pu tant donner aux autres et qui n'a fait que prendre !
Quelle tristesse que cet homme sans mémoire, «version littéraire d'un candidat débile de secret story». Pardonnons-lui de cracher dans la soupe qui l'a nourri, c'est son seul moyen de se prouver qu'il existe malgré les apparences.
Mais trêve de compassion, malgré toute notre bonne volonté, les chuintements égoïstes de ce mome de riche, pondeur de livres "marketing-tendance" inutiles, finissent par lasser et donne envie d'un peu d'air frais et de vie, de "la vraie vie", pas celle des salons et des plateaux télé, de retrouver des gens... "normaux" avec leurs colères, leurs passions et leur combat pour survivre avec le peu qu'ils ont.
Ras-le-bol de ces petits égos surdimensionnés et de ce monde transparent où les émotions sont éphémères et ses habitants factices, anecdotes tragiques et futiles dans une société tragique et futile.
On va être réac mais ce qui lui a manqué, ce sont de bons coups de pied au cul !
La logique voudrait qu'il arrête d'écrire ou se tire une balle !
Mais ne nous inquiétons pas pour lui, plutôt homme de chiffres que de lettres, parions que ses chiffres de ventes l'aideront à supporter la lourdeur de son destin ! Et lui donneront le meilleur des prétextes pour nous emmerder encore longtemps avec des romans qui ont la profondeur d'une... pataugeoire !!
Mais soyons justes, l'insipide fadeur de ses jérémiades cache un témoignage ethnologique et sociologique extraordinaire et unique. Avec lui, vous allez plonger dans la vision grande bourgeoise de l'histoire de la France et monde occidental contemporain.
Vous allez découvrir les clichés, les aprioris et ce qu'il est "tendance" de penser sur notre époque. Terriblement français dans sa façon d'écrire beaucoup pour ne rien dire, ne doutons pas que ce roman plaise beaucoup à tous les critiques de sa caste : Elle, Marie Claire et cie, qui ne pourront que se retrouver dans ce "désespoir-jaseur", autant dans l'air du temps qu'éloigné de nos préoccupations quotidiennes.
Mais le vrai tour de force et comble de cynisme, c'est que ce roman tend à nous prouver que ... l'argent ne fait pas le bonheur !
Ce qui ne manque pas d'humour dans on sait que Beigbeder est à l'édition ce qu'est le trader est à l'économie. Son monde, ses livres et son talent sont... virtuels. L'argent et le pouvoir, le centre de sa vie et l'atmosphère dans lequel il patauge depuis toujours.
Gérard Collard 
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