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Novembre 2008, Patrick Sébastien accompagne sa mère vers la mort. Pendant un mois et demi il sera tous les jours à ses côtés et tiendra son journal. Celui d'une mort programmée mais également l'histoire de cinquante-cinq ans de complicité passionnelle entre un fils au destin hors du commun et une mère au caractère exceptionnellement fort, celle de deux traces de pas jumelles sur un chemin de vie qui au final, ne laisseront qu'une empreinte : celle de l'amour absolu. Ecrit à l'instant et à l'instinct, ce livre authentique et émouvant est également un témoignage de société, brutal et sans concession, où relate dans un suspens tragique, des secrets inavoués, des dizaines de souvenirs drôles et touchant, légers ou pesants, mais toujours hors normes ; des morceaux de vie semblant extraits d'un roman populaire et pourtant bien réels, un va-et-vient continue entre le futile et l'infiniment grave, où l'on frôle parfois l'ombre du mystique, de l'irréel, de l'inexplicable. Les deniers mots de Patrick Sébastien pour sa mère seront : Tu m'appelles en arrivant ? Cette phrase, Patrick Sébastien l'a entendue depuis sa majorité, chaque jour où il prenait la route. Aujourd'hui, Patrick Sébastien sent que sa mère décédée n'a jamais été aussi proche et qu'elle l'a bien appelée en arrivant dans l'au-delà. Patrick Sébastien signe là un message d'espoir et une autobiographie qui fait du bien.

Oubliez vos préjugés !!
Parfois, même sans ouvrir le livre, vous savez. Je ne sais sait pas si c'est le "flair du libraire" ou tout simplement l'image de l'homme dont vous allez lire les mots, vous savez dès les premiers mots que vous avez à faire à un livre exceptionnel.
Vous vous en prenez plein la tête, les mots sont autant de balles qui vous vrillent le cerveau et vous maltraitent le coeur.
Peut-être parce que tout simplement, ce qu'il va vous raconter, vous l'avez vécu ou qu'inconsciemment, vous savez que cela va vous arriver.
Dès les premières pages, tout est écrit.
"Ma plus belle histoire d'amour devient un enfer chronométré (...) le professeur ne m'a laissé aucun espoir, pas une lueur. J'y suis déjà dans le pire du pire (...) le plus terrible des choix ; décider de la fin pour abréger la souffrance (...) ne pas la laisser partir en miettes, une promesse...
Sa mère est atteinte de la maladie de Vasquez, incurable, elle est condamnée. Et puis l'humour, "Biafine des grands brulés" le submerge "Celui qui m'a fait dire quand mon fils s'est tué en moto qu'il imitait Coluche mieux que moi!".
Comment à la lecture de ses phrases, ne pas se souvenir de Jean Louis Fournier et de son "Où on va papa ?", même pied de nez désespéré au destin.
Mais dernière fanfaronnade aussi. Il y a son "J'ai tellement mal. A la mémoire, aux tripes, au nombril. Surtout au nombril. Réellement, un point de douleur précis et lancinant au bout de chair qui me liait à elle." Impressionnant !
Puis la nature humaine reprend le dessus, vaincre la mort avec les seuls moyens dont il dispose, les paroles et les mots. "Pour qu'il reste quelque chose d'elle après moi, de nous après nous, notre histoire n'est pas exceptionnelle, juste belle, très belle ! ".
C'est l'histoire d'une de ces anonymes ni star ni aventurière dont les passions tiennent lieu de CV, une vie de femme, pleine, violente, romanesque, vie de serveuse de bistrot, d'ouvrière d'usine, de fille de ménage chez les "malpolis"...
"Chaque ligne me cloue"
C'est une histoire d'amour désespérée, la douleur brûle ses doigts à chaque mot. Certainement le livre d'un fils sur sa mère le plus bouleversant de ces dernières années.
"Si j'avais su que je l'aimais tant, je l'aurais aimé davantage !"
Oubliez vos préjugés !
Je vous entend déjà dire : "Ah ! Patrick Sébastien..." et bien si vous ne lisez pas ce livre vous passerez à côté d'un grand moment de vie, bouleversant, touchant, fou, drôle, une sorte de voyage dans "la France à peine profonde", des grands moments de vie et des phrases terrifiantes comme : "C'est la première fois que je l'accepte vraiment ce deuil sans deuil, cet inéluctable sans date. C'est une réelle torture, un acide. Pas comme la mort accidentelle de mon petit, il y a 17 ans, brutal coup de poignard. Là, la douleur est sournoise, mesquine."
Sa douleur et son empreinte marque chaque mot de ce récit. Jamais rien de superficiel. Toujours vrai, sans concession. Ses phrases claquent comme ses sentiments et ses émotions mais c'est aussi le magnifique et inoubliable souvenir de sa mère.
"Et j'ai regardé partir la vieille dame, cassée, les larmes au bord des yeux. J'ai dit... maman je t'aime ! sans le prononcer."
Gérard Collard.

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